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Plaque Tampon

Plaque professionnelle et RGPD : quelles informations personnelles afficher (ou pas) ?

Nom, adresse, numéro de téléphone, numéro RPPS : une plaque professionnelle affiche presque toujours des informations qui vous identifient personnellement. Faut-il pour autant appliquer le RGPD à sa plaque comme on l'appliquerait à un fichier client ? La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît, et mérite d'être posée clairement avant de choisir ce que vous affichez, et comment.

La plaque professionnelle relève-t-elle vraiment du RGPD ?

Commençons par le principe : au sens du RGPD, une donnée personnelle est « toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable », directement (nom, prénom) ou indirectement (numéro de téléphone, adresse). À ce titre, les mentions d'une plaque professionnelle sont bien des données personnelles.

Mais le RGPD n'encadre pas « les données personnelles » en général : il encadre les traitements de ces données, c'est-à-dire leur collecte, leur enregistrement, leur conservation ou leur diffusion dans un cadre structuré, le plus souvent informatique ou organisé en fichier. Une plaque physique isolée, apposée une fois sur une façade, n'est pas à proprement parler un « traitement » au sens où l'entend le règlement : il n'existe à ce jour aucune doctrine spécifique de la CNIL qui imposerait des obligations RGPD formelles (analyse d'impact, registre des traitements, etc.) pour la simple pose d'une plaque professionnelle.

En revanche, deux situations font clairement basculer le sujet dans le champ du RGPD :

  • si vos coordonnées figurent également dans un annuaire professionnel en ligne ou dans une base de données interne (logiciel de gestion de cabinet, CRM), ce traitement-là est bien soumis au RGPD, avec ses obligations d'information et ses droits pour la personne concernée ;
  • si votre plaque affiche des données au-delà du strict nécessaire, en particulier des données sensibles (ce qui n'est en pratique jamais le cas sur une plaque professionnelle conforme aux usages).

Le bon réflexe consiste donc moins à appliquer une procédure RGPD formelle à votre plaque, qu'à appliquer le principe de minimisation des données, qui reste une bonne pratique de fond du RGPD (article 5) même quand le texte ne s'applique pas de façon rigide au support physique.

Ce que vos obligations déontologiques imposent déjà

Avant de parler de choix personnels, rappelons que la plupart des professions réglementées ont des mentions obligatoires ou autorisées fixées par leur code de déontologie, que vous ne pouvez pas simplement retirer au nom du RGPD : nom, titre, coordonnées professionnelles, numéro RPPS pour les professions de santé, secteur conventionnel pour les médecins et dentistes. Nous détaillons ces règles profession par profession dans notre article Plaque professionnelle obligatoire, que dit la loi pour les professions libérales ?

Ces mentions reposent sur une obligation légale ou réglementaire (base légale reconnue par le RGPD, article 6.1.c) : leur affichage n'est donc pas en soi contestable sur le terrain de la protection des données, du moment qu'elles restent limitées à ce que le texte autorise.

Ce qui reste, en revanche, à votre choix

En dehors des mentions imposées, plusieurs arbitrages relèvent de vous, et méritent d'être pensés sous l'angle de la vie privée :

  • Adresse professionnelle ou domicile : si vous exercez à votre domicile, réfléchissez à la formulation (« sur rendez-vous », boîte postale professionnelle) plutôt que d'afficher systématiquement une adresse personnelle complète en façade, lorsque le règlement de copropriété ou votre code de déontologie laisse une marge de manœuvre.
  • Téléphone professionnel dédié : un numéro professionnel séparé de votre mobile personnel évite d'exposer une ligne privée à un usage professionnel et facilite, le cas échéant, un changement de numéro sans devoir prévenir tout votre entourage.
  • Mentions superflues : même autorisées par votre Ordre, certaines informations optionnelles (ancienneté précise, détails biographiques) peuvent être omises si elles n'apportent pas de réelle valeur d'information au public.

Le cas particulier du numéro RPPS

Le numéro RPPS identifie une personne physique et constitue donc, lui aussi, une donnée personnelle au sens du RGPD. Son affichage sur la plaque ou le tampon des professions de santé n'en reste pas moins parfaitement licite : il repose sur une obligation légale propre à chaque code de déontologie, ce qui constitue une base légale de traitement reconnue par le RGPD. Il n'y a donc pas de contradiction à afficher ce numéro tout en respectant le règlement.

Si vos coordonnées sont reprises dans un annuaire en ligne

Les informations figurant sur votre plaque professionnelle (nom, adresse professionnelle, spécialité) se retrouvent souvent, par ailleurs, dans des annuaires professionnels en ligne, parfois sans que vous en soyez à l'origine. La CNIL rappelle que ces données, bien que déjà publiques et à caractère professionnel, restent des données personnelles : les éditeurs de ces annuaires doivent respecter le RGPD, et vous disposez de droits d'accès, de rectification et, dans certains cas, de suppression. C'est notamment le cas si votre adresse professionnelle affichée correspond en réalité à votre domicile personnel, ou si des informations obsolètes ou inexactes vous concernant y figurent encore.

Notre check-list avant de valider votre plaque

  1. Vérifiez les mentions obligatoires ou autorisées par votre code de déontologie (ne pas les retirer au nom du RGPD).
  2. Utilisez, si possible, un numéro de téléphone et une adresse strictement professionnels.
  3. Limitez les mentions optionnelles à ce qui apporte une réelle information utile au public.
  4. Si vous exercez à domicile, vérifiez les formulations possibles pour éviter d'exposer votre adresse personnelle complète.
  5. Vérifiez de temps en temps les annuaires en ligne qui reprennent vos coordonnées professionnelles, et exercez vos droits auprès d'eux si besoin.
Retrouvez l'ensemble de nos plaques professionnelles personnalisables par métier sur notre catégorie plaques professionnelles, avec un format et des mentions conformes aux usages de chaque profession.

FAQ

Dois-je faire une analyse d'impact RGPD avant de poser ma plaque professionnelle ?

Non. Une plaque physique isolée n'est pas un traitement de données au sens strict du RGPD, et ne déclenche pas d'obligation formelle de ce type. Les obligations RGPD s'appliquent en revanche si vos coordonnées figurent dans un fichier informatique, un logiciel de gestion ou un annuaire en ligne.

Puis-je refuser d'afficher une mention obligatoire au nom du RGPD ?

Non. Les mentions imposées par votre code de déontologie reposent sur une obligation légale, qui constitue une base légale de traitement reconnue par le RGPD lui-même. Le RGPD ne permet pas de s'y soustraire.

Que faire si mon adresse personnelle apparaît par erreur dans un annuaire professionnel en ligne ?

Vous pouvez contacter l'éditeur de l'annuaire pour demander une rectification ou une suppression de cette information, conformément à vos droits garantis par le RGPD. En l'absence de réponse satisfaisante, vous pouvez saisir la CNIL.

Le numéro RPPS affiché sur ma plaque pose-t-il un problème de confidentialité ?

Non. Son affichage repose sur une obligation légale propre à votre profession, ce qui constitue une base légale reconnue par le RGPD pour ce traitement.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. La qualification exacte d'un traitement de données au regard du RGPD dépend des circonstances propres à chaque situation : en cas de doute, rapprochez-vous d'un délégué à la protection des données (DPO) ou d'un professionnel du droit.

Sources citées